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日志


qui es-tu ?

S'il y a bien une chose dont j'ai en horreur,
 c'est qu'on décide à ma place
 
 peu importe si la personne soit proche ou non,
 c'est pareil !!!
 
 
Que penses-tu de moi ???
 
La question fatale... celle à qui, il ne faut surtout pas répondre !!!
 
J'avais oublié de le prévenir, tant pis,
 il a répondu à ma mère en prenant une métaphore pourtant :
 
Tu me fais penser à cette voiture,
qui avance à toute vitesse sans se préoccuper des gens
qui la regardent passer,
 et qui finira dans un mur au premier virage
si elle ne ralentit pas !!!
 
BOUM
 
Ma mère a souri, et, est partie travailler, après le dîner,
comme si de rien n'était... à ma grande surprise.
 
C'est le lendemain matin, après sa nuit de labeur,
 alors que je me préparais pour aller passer un BAC "blanc",
qu'elle m'en annonça la couleur :
 
Maintenant cela ne peut plus durer, tu choisis,
c'est lui ou c'est moi !!!
 
Elle voyait rouge,
je l'ai regardé, elle était pleine de colère...
 
c'est tout choisi, maman,
ne m'attends pas pour midi
 
Eugénie lui a fait la bise
Bénédicte prit le bon vent 
J'ai tiré un trait, j'ai fermé la valise
J'ai changé pour le beau temps
En soufflant la bougie,
Les doigts croisés sur l'infini
 
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Dans la vie on ne fait pas ce que l'on veut mais
on est responsable de ce que l'on est.
Jean Paul Sartre 
 

qui es-tu ?

En dehors du monde
en dedans de mon monde
Mon entourrage et mes professeurs ne savaient plus
 comment m'intéresser à leur vie ...
Mon prof de français eut la bonne idée
 d'organiser une retraite à "la pierre qui vire ",
la pierre a viré définitivement leur croyance de mon coeur.
 
Rien qu'un dimanche au bout de la semaine
Et de l'encre bleue plein les mains
Même si ma vie commençait à peine
J'avais déjà plus envie de rien
Sauf de dévorer une tonne de livres
Refuge ... quête....
Soif de connaissances
Boris VIAN cracha une dernière fois,
laissant l'écume des jours faire son travail...
 Alain arrosa les pensées devant la caverne de Platon
 Edgar Poe me raconta les fleurs du mal,
 Julien Green me montra son univers...
En attendant Godot, Ariane me donna le fil...

Dans tous ces rêves et tous ces livres
Qui furent le décor de mes nuits
Je cherchais une raison de vivre
Comme un écho à la vie

  J'ai une amie qui fait une petite fête ce soir, comme je travaille cette nuit,

si tu veux y aller, cela te changera les idées ?
d'accord  maman, j'irais...
 je savais qu'elle savait, mais il était hors de question d'en parler,
 j'avais 18 ans et pas envie d'en discuter.
 
je n'ai vu que lui, un être sensible,
 derrière l'humour, un regard tendre,
entre ses mots, un souffle de la douceur de vivre
 
Nous avons passé toute la nuit à échanger,
de tout et de rien
 
Le temps qui passe te fait de la peine
Et il nous sépare déjà
Mais tes angoisses et puis les miennes
Viennent à se ressembler parfois

 
Un mois après, assise devant un café,
il est rentré dans ce bar et nos regards se sont de nouveaux croisés...
il partait direction Cannes pour fêter la Noël...
  
Et ce frisson que j'étrenne
Cette larme pleine de chagrin

Par ta voix qui  cache "je t'aime"

 Illumine déjà mon jardin
 
Tu n'as de moi que quelques lignes
Quelques mots écrits à la main
Mais à  ton tour tu me fais signe
Tu me comprends, t'essaies au moins
 
 
Devant sa porte, hésitation, je frappe , commence à repartir,
lorsqu'au bout du couloir, la porte s'ouvre...
grand sourire dans son peignoir, il me fit entrer...

Tu me réponds ma lycéenne
J'aimerais être ton lycéen
Tu veux quelqu'un qui te comprenne
Si c'était moi ce serait bien


Et ce frisson que j'étrenne
Cette larme pleine de chagrin

Par ta voix qui  dit "je t'aime"

Porte l'espoir aux creux de nos mains
 
 

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Etre... unis... vers ...
 

qui es-tu ?

Parmis tous ces visages pâles,
une déracinée,
une fille de couleur,  une Timanmaï comme moi
avec ce mélange d'amour qui crache sur les racistes,  
solidarité instinctive, nous avons fait un bout de chemin ensemble
jusqu'au jour où... en rentrant un soir à l'internat,
un homme blanc lui a piétiné son enfance,
 dans son corps et dans son âme,
 jetée comme un vulgaire papier dans le caniveau,
sa couleur selon lui ne lui donnait pas le droit d'être
elle a passé des jours et des nuits à se laver,
 
 
devant les autres, elle n'a jamais rien dit,
ne pas montrer que l'on a été bléssée, cela leurs aurait fait trop plaisir
mais l'enfant qu'elle portait, ne pouvait éternellement se cacher
 
OUI, elle a voulu avorter,
Je lui ai donné toutes mes économies pour cela
OUI, elle y est allée,
je lui ai tenue la main 
 
Mais croyez-vous à l'époque que c'était aussi facile que cela ?
Non,
 la pression des infirmières, des psychologues,
des faiseurs de leçon et de moral,
 
Elle est ressortie de la consultation avant-opération
complétement effondrée...
les larmes aux yeux...
 Je ne peux pas... je te rembourserais... mais je ne peux pas
 
C'est ton choix Christine, je le respecte...
et cet argent, il est à toi...
tu en auras besoin pour le bébé
 
Un mois plus tard, elle repartait dans  notre île de douceurs
 
j'ai eu de ses nouvelles par hasard,  et quelques années plus tard
une petite Bénédicte ...une Timoun...
s'accrochait à ses jambes dans son salon de coiffure...
 un homme  les embrassait tendrement...
tout allait bien... j'étais pour toujours avec elle
(Merci Christine pour ce cadeau)
 
Une amie est partie,
 une autre est arrivée
Et toi la grande, il fait beau là haut ??
Pourquoi ça pue la merde en bas ??
Tout ce qui est petit... est gentil !
Tout ce qui est grand... est charmant !
éclats de rire
Sylvie, petit bout de femme de 1 m 53 et demi,
(très important le demi)
pleine d'audace et de vie,
sous le prétexte d'un soutien en maths,
venait de faire irruption dans mon univers.
c'est fou la place qu'elle a pris dans mon coeur en 3 ans.
SYLVIE .... JE T'AIME
de l'autre côté de la cour,
on entendait en écho
 
EUGENIE .... JE T'AIME
MOI AUSSI
nous avons fait ensemble nos 1ères BOUM,
les virées en pleine nuit à deux sur une mobylette,
pas de disputes pour des mecs (la 1ère qui l'avait, tant pis pour l'autre)
un week end chez elle, un week end chez moi
pas de jalousies, ni d'exclusivité
 respect de l'autre
ma soeur de coeur, mon autre
d'un an mon aînée, on fêtait toujours en intimité nos anniversaires,
je me souviens de ce poème que je lui ai fait pour ces 18 ans,
couchées toutes les deux dans ma chambre... elle ne l'avait pas aimé
trop triste ...m'avait-elle dit
cette perle de rosée qui pleure sur la mort d'une rose
au petit matin
je l'ai brûlé 2 jours après... dans la douleur
Sylvie, si elle vit c'est pour moi... je lui disais 
Sylvie a fêté une fois de trop ses 18 ans,
au petit matin, à la place du mort,
un accident, le coup du lapin.
je n'en veux à personne, même pas à la conductrice, aussi son amie,
qui s'en est sortie par chance.
j'ai raté mon BAC cette année là et j'ai redoublé.
Ma mère, mes frères me surveillaient la peur au ventre...
ils entendaient tous les jours, sans intervenir et en silence,
ma peine et ma tête se cogner contre les murs de ma chambre
 
Pour mes 18 ans, un an plus tard,
la vie m'offrit le plus beau des cadeaux
 
 
l'  amour
 
(je n'ai toujours pas mon BAC... et alors ?)
 
 
 

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Un mal peut devenir un bien

tout dépend de nous

 

 
 
 

qui es-tu ?

Cette première semaine dans le monde "civilisé" fut éprouvante
Eugénie sortait les griffes...
le monde de Timoun tombait en morceaux
 
En rentrant un soir, j' ai trouvé dans un jean, cheveux court
 et cigarette à la main,
celle que j'avais quitté le matin même avec une robe, cheveux long
et un café 
 
J'ai pris un avocat, je demande le divorce, votre père est interdit de visite, 
je reprends les études pour être infirmière, il va falloir vous prendre en charge,
je compte sur toi pour t'occuper de tes frères
furent ses seuls mots d'explication
 
 
Timoun pleura en silence,
Eugénie  fit  face ...
 
Il fallait être à la hauteur devant tous ces nouveaux défis
Prouver au Lycée que j'étais capable de rattraper le programme
prendre en charge toutes les tâches de la maison
 
et.... cerise sur le gateau
 
devenir l'adulte, la personne de soutien, la confidante
 
Timoun s'est endormie sur sa peine
Eugénie est allée au combat...
 
A la fin de l'année suivante, les résultats ont été aux rendez-vous
 
Ma mère eut son diplôme d'infirmière psychiatrique...
Les professeurs du lycée demandèrent des tests pour vérifier mes capacités
qui confirmèrent ma bosse des maths et leurs erreurs d'orientation.
Mes frères avaient écarté tous garçons trop entreprenants.
 
Eugénie se transforma en "le génie" à mon insu
j'avais le respect
mais pas l'amitié
 
 
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Ce n'est pas l'étiquette qui fait le produit
 
 
 
 
 
 
 

qui es-tu ?

Nous avons été largués du jour au lendemain
dans un autre monde.
Un saut dans l'avenir,
 pas beaucoup de temps pour s'adapter
 
 
Je suis passée des maths à l'ancienne aux modernes
de la télé "noir et blanc" à la couleur
du chaud au froid
du sourire à l'indifférence
de la marche à pied aux transports en commun
de la nature au béton
 
une simple valise pour toute fortune
 
En plein milieu de l'année scolaire, seule et perdue au centre d'une grande cour
mes savattes aux pieds, mes chaussettes blanches, ma jupe bleue marine,
ma chemise blanche, mon cartable noir
je n'attirais pas la foule... que des colibris et des moqueries...
Le comble a été atteint lorsque poliment j'ai demandé à mon voisin de table
 un crayon de bois, s'il te plait....
qu'est-ce que tu racontes la mongole, un crayon de bois ???... c'est quoi ça ???
he bien, un crayon que tu peux écrire avec et ensuite effacer avec une résine
résine ??? de quoi que tu causes ???
gardant mon calme, je lui montra dans sa trousse,
 le crayon et la résine en question
 
WAOUUUUUU... MAIS C'EST UNE GOMME ET UN CRAYON DE PAPIER
 tu viens d'où toi, de l'asile du coin ???
tiens, je te le prête mais tu me le rends tout de suite après !!!
c'est quoi ton nom ??? avec ton accent, cela doit être "négresse", "p'ti nègre", "mamboula"...."kamboula"..."Bamboula"
ouiiiii...c'est ça "BAMBOULA"
 
droit dans les yeux, je lui ai répondu
 "EUGENIE, COMME L'IMPERATRICE ",
 et lui ai envoyé un direct  au nez
 
Le surveillant qui avait suivi la scène de loin, n'avait pas bronché...
éberlué, le jeune homme ait monté à l'infirmerie se faire soigner...
J'ai été tranquille tout le reste de l'année,
 j'avais remis à sa place le petit "chef" du lycée sans même le savoir.
 
 
Eugénie est  devenue mon surnom
mais la bataille a été rude
 
 
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Gagner le respect des autres

qui es-tu ?

Je ne suis pas différente de toi...
Les nouveaux nés africains prennent leur couleur définitive 3 jours après la naissance et gardent toute leur vie dans leurs mains cette trace blanche...
 moi, je suis tombée du soleil et je ne peux plus le regarder...
je me cache du mauvais oeil
 être albinos en Afrique c'est être un "porte-malheur" 
 
Sa main blanche carressait inlassablement mes cheveux,
essayant avec patience de les faire tenir avec le fil noir,
pour cette coiffure digne de toute petite fille africaine.
 
Ne voyez pas de haine,
 Les notions transcendantales et universelles de l'être et de sa force, de l'action, des rapports et des influences réciproques des êtres
constituent la philosophie africaine.
Toute maladie, plaie ou contrariété, toute souffrance, dépression ou fatigue,
toute injustice ou tout échec,  est considéré et désigné par l'africain
comme diminution de force vitale.
La maladie et la mort ne proviennent pas de notre propre force vitale,
 mais d'un agent extérieur, d'une force supérieure qui nous déforce.
 La force c'est l'être, l'être est la force.
en chaque chose est une autre chose
 dans chaque homme se trouve un petit homme.
L'homme (vivant ou trépassé) peut directement renforcer
ou diminuer un autre homme dans son être.
 Ta force vitale s'est réduite, on a entamé ton énergie vitale.
Tout être qui naît "anormal" est la traduction d'une force néfaste extérieure
qui peut compromettre les autres êtres dans leur force vitale.
En Afrique, il y a l'homme, le corps, le souffle et l'ombre 
lorsque le corps et le souffle partent,
ils restent l'homme et l'ombre
c'est à dire le maillon qu'il représente et sa force d'être.
En occident,
 nous avons du mal à comprendre que chaque être fait parti d'un tout, et que chaque geste peut ébranler l'harmonie de cette unité.
Nous mettons les mots de sorcellerie, de pratiques magiques
pour toutes explications.
Le sorcier là-bas est le maître des forces, celui qui voit..
il peut avoir le bon ou le mauvais oeil...
 
Mon père s'est trouvé aveuglé, son oeil n'était plus clair..
Ma mère blessée avait du noir devant les yeux...
Timoun sentait bien qu'une force néfaste agissait
Le boy, le chauffeur et la mama ne venaient plus
La violence avait envahie la maison
les couteaux se poursuivaient,
les poupées perçées d'aiguilles fleurissaient dans toutes les pièces.
 
Les enfants, si je rentre en France, est-ce que vous me suivez ?
à l'humanité, nous avons tous répondu    OUI
deux semaines plus tard, un agent spécial de la sécurité venu de France,
nous accompagnait dans notre fuite "improvisée"
 
Notre père sous l'emprise de cette force (qui ne voulait que lui)
n'en savait rien
 
Il n'est revenu que 6 ans après, lorsque la force l'a jeté
 en abandonant derrière-lui mes 2 demi-frères
 
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j'ai gardé au fond de moi une parcelle de cette vision de l'homme et de la vie
 
 mon nom intérieur est Timoun
 

qui es-tu ?

à l'école religieuse de fille,
 "Sainte Marie Vierge de Conception",
 costume obligatoire
jupe bleue marine (avec 10 cm en-dessous du genoux... contrôlée tous les jours),
chemise (fermée) et chaussettes blanches,
cartable en cuir noir et fournitures (fournies),
pas de maquillage, ni de vernis, ni de parfum,
pas de bijoux, ni de signes ostentatoires,
donc pas de jalousie possible....
La relation avec les religions est différente
L’Histoire du pays avant l’arrivée des Européens est une panoplie de récits de chasse, de pêche, de cueillette mais aussi d’agriculture et de guerre des différentes ethnies. Les Mpongwés et les Oroungous occupent les côtes tandis que les Loumbous exploitent le sel et que les Akélés et les Nzebis sont connus pour être de hardis chasseurs d’éléphants. Les dernières populations arrivées (au XIXe siècle), les Fang, constituent de nos jours un tiers de la population du pays.
Le Gabon est donc composé de plusieurs tribus
qui ont toutes des coutumes différentes
seul point commun :
le sorcier
l'intermédiaire entre le monde des vivants et les ancêtres
homme puissant, redouté et respecté
La religion des blancs n'est qu'une pièce rajoutée
qu'ils pratiquent par intérêt
chaque dimanche, Timoun allait à la messe,
 lieu de fête avec chants et danses,
le Père noir entonnait les prières en latin
et les sermons en français,
la foule reprennait en choeur en rythme,
les portes restaient ouvertes par manque de place...
personne ne voulait manquer le clou du spectacle :
l'eucharistie
Une queue se formait alors jusque dans la rue,
enfants, adultes, vieux,
et jusqu'à épuisement du stock, passaient et repassaient
pas pour la symbolique de l'offrande,
mais pour remplir leurs ventres.
 
La conversion à l'islam de Bongo, avec son changement de prénom,
s'explique par son adhésion à l'Opep un an plus tard.
 
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Avoir qu'un seul Dieu
celui de son Coeur
 
 
 

qui es-tu ?

Nos ancêtres les gaulois
 
Nannnnnn ... ben si
 
Le programme scolaire des petits gabonais
j'aurais plus compris "Nos ancêtres les pygmées ou les bantoues"
mais personne n'était choqué d'être de la Gaule...
 
ni d'apprendre les poèmes de Prévert, comme le bonhomme de neige,
alors que jamais de leur vie ils ne verront la neige tombée...
 
Donc j'ai fait les maths à l'ancienne (avec la baignoire qui fuit, même s'il n'y a pas d'eau), passé mon certificat d'étude (sans faire de fautes de français),
 appris l'anglais (avec un fort accent gabonais)
dessiné la carte de France avec ses départements (très utile pour se repèrer dans la brousse)
 
La France sait modeler les cerveaux,
imposer sa langue et sa façon de voir
c'est dans la rue que j'ai rencontré le vrai Gabon
 

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tout est couleur, senteur, saveur, musique

les papillons font en moyenne 20 cm,

les serpents-minutes se cachent aux pieds des immeubles,

 le vol des chauves-souris annonce l'averse journalière en saison des pluies,

les mangues et les amandes sont en libre service sur les arbres,

la mer vous tend les bras malgré les requins

 les rares piscines (sans clotures) servent de refuges aux crapauds,

les marchés sont vivants avec étalages de viandes, poissons, légumes et épices,

le vendeur de pain, d'essence, de confiserie est sur une chaise au bord de la route,

un vieux pneu, un baton, une conserve, une bouteille vide sont des trésors,

avec quelques cailloux pour jouer aux osselets

et les pieds pour danser au rythme des mains

le danger est présent partout

mais la vie est là

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Il suffit de peu pour être heureux

 

qui es-tu ?

De Léon à Albert
Un appartement au 3ème étage, sans ascenseur,
nous attendait avec un boy, un chauffeur et une mama.
Avec la climatisation et toutes les commodités...
seulement.... Nous sommes en Afrique
 
Au moment de brancher le réfrigérateur, la clim s'est mise sur arrêt...
pas grave, essayons la télé.... les plombs ont sauté !
 
On a choisi de ne laisser que le réfrigérateur.
Les moustiquaires et la radio à piles feront aussi bien l'affaire...
La fée lumière était réservée aux riches,
reconnaissables surtout la nuit par leurs villas illuminées
pour chasser les mauvais esprits.
 
Maintenant, imaginez-vous entrain de tourner un robinet...
rien
vous vérifiez si l'eau est coupée
ben non... rien ne sort
 
durant la saison des pluies, par saccade,
nous avions l'honneur d'avoir un liquide jaunâtre,
 impropre à la consommation.
Nous avons donc fait le plein de bouteilles pour la cuisine,
et notre consommation
De par les pays précédents, nous connaissions déjà nos besoins :
une bouteille pour le rinçage après une douche,
un verre pour se laver les dents,
2 bouteilles par personne pour boire
L'eau est une denrée rare, un cadeau des dieux là-bas
 
Avec le soleil, le goût salé de la mer,
les clapettes aux pieds , le maillot de plage,
Timoun respirait à nouveau la liberté
 
Une liberté très surveillée,
 au pays des noirs Timoun était une petite blanche
une délavée, une "odeur fade", une étrangère
 
Au Gabon, le blanc est la couleur de la mort, du deuil.
Les funérailles de Léon Mba furent grandioses,
avec les sorciers, les tamtams, les femmes,
 toutes les ethnies représentées par leurs chefs y assistèrent,
seul moyen pour Albert d'être introniser par les ancêtres...
La coutume veut que le successeur d'un grand chef
accompagne celui-ci jusqu'à sa dernière demeure pour qu'il s'imprègne
de son courage, de sa force, de sa droiture...
mais aussi de sa sagesse, de son intelligence
en mangeant son coeur et son cerveau.
Personne n'a été vérifier si la coutume avait été respectée jusqu'au bout
 
 
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Accepter la différence
 

qui es-tu ?

Une petite fille qui suivait les conflits pas à pas
Oui ... involontairement
L'histoire de France dans ces colonies,
principale mission de mon père : 
calmer, marquer et péréniser la présence de la France dans ses territoires
 
( sa première mission fut l'Algérie et sa dernière la Kanaky (nouvelle calédonie))
 
Durant les années de 1960 à 1973, une vague d'indépendance des différentes colonies françaises s'est propagée dans le monde.
Elle faisait suite à la même vague qu'avait subit l'Angleterre
 pour ses propres colonies.
 
La position française a été moins violente que l'anglaise,
 disons qu'elle a été gérée avec  plus d'intelligence en liant la stratégie économique et humaine.
Pour les intérêts de la France
et non pour ces peuples assoiffés de liberté
 
 
D'où mon expression favorite :
La raison d'Etat a des tas de raisons
 
 
 à la fois fière et honteuse d'être française
je suis avant tout une citoyenne du monde
 
  

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Une page d'histoire : (toujours pour les ignorants)

 Le Gabon devint indépendant le 17 août 1960 et en 1961 Léon Mba fut élu président de la République indépendante. Mais la monnaie nationale est fabriquée par la France qui en fixe aussi la valeur. En 1964, Mba essaie d’arranger les élections pour se maintenir au pouvoir. Le 18 février 1964, il fut déposé par l’armée gabonaise et confia le pouvoir à son opposant civil Jean-Hilaire Aubanne.

Le 19 aout 1964, l'armée française intervient pour remettre Mba au pouvoir. En 1967, il mourut d'un cancer en France et fut remplacé par Albert Bernard Bongo.

Bongo qui avait fait son service militaire dans l’armée française, au temps des colonies, qui avait par la suite aussi travaillé pour les services secrets français fut en fait jugés par les experts politiques francais, comme celui qui serait le plus apte à défendre les intérêts économiques de celle-ci.

Le 12 mars 1968, ce dernier instaura le monopartisme avec la création du Parti démocratique gabonais. À partir de ce moment et pour une vingtaine d'années, les activités de l'opposition furent cantonnées à l'étranger. L'économie se développa autour de l'exploitation forestière (okoumé), minière (manganèse, uranium) et surtout pétrolière (Elf). En 1973, Bongo se convertit à l'islam et prend pour prénom Omar et en 1974 le Gabon adhère à l'Opep. L'exemple de développement d'infrastructures le plus marquant fut le Transgabonais.

L'État fortement centralisé assurait, comme aujourd'hui, l'essentiel de l'emploi national grâce à la rente pétrolière.

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 La petite histoire est bien différente...

qui es-tu ?

Les cantines étaient dressées au milieu du salon
c'était la fin de l'année scolaire
Timoun savait ce que cela voulait dire
Bientôt il y aurait la série des piqûres
ensuite les déménageurs
et pour terminer
un nouveau pays
On est passé d'Abbeville à Libreville
 
bon, je vous l'avoue, il y a eu d'autres escales, entre,
mais comment vous parler de la ville détruite du Tchad,
de la misère de l'Equateur,
de la  douleur du Congo,
sans pour autant vous choquer...
 
Timoun avec son regard d'enfant,
a vu et connu l'homme
dans sa cruauté et son humanité
 
(Désolée pour ceux qui aiment les films d'horreur mais vous n'aurez pas droit aux scènes de cannibalisme,
de souffrance taillée dans la chair, du ventre rond de l'enfant qui meurt de faim.
Lorsque l'on connait l'odeur du sang versé et la puanteur d'un cadavre, on ne l'oublie jamais.) 
 
Donc, je passe à la capitale du Gabon
la ville  libre : Libreville
 
 
Il n'y a plus de gabonais au numéro que vous avez demandé !!
(Humour... noir... de là-bas)
 
Une ville super moderne, à l'image des notres,
mais ce n'est qu'une façade...
 
 
 
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C'est la vie, pas le paradis 
 
 

qui es-tu ?

La porte de sa chambre se fermait de plus en plus tard,
Timoun avait peur du noir, peur du monstre sous son lit,
 peur des bêtes dans ses draps, peur de fermer les yeux,
 peur de voir et revoir le sang couler dans la main de son amie...
 Chaque nuit était devenu un combat physique avec fièvre et cauchemars...
Cette nuit là, je m'étais  réveillée en nage au bas de l'escalier...
 un peu perdue de me retrouver là,
 je me posa sur la dernière marche et écouta en silence...
"Cela fait 5 jours qu'elle ne parle plus,
 qu'elle ne mange plus, qu'elle ne dors plus....
 elle est choquée..."
"vous avez retrouvé ce chauffard ?"
"NON... même pas la voiture... nous sommes tous sur l'enquête...
 c'est dur pour nous, c'est notre collègue"
"il a décidé de la débrancher aujourd'hui, le traumatisme crânien est trop important, elle n'aura aucune chance de survivre"
"certains parlent de condamnation à mort si on l'attrapait, je suis contre,
c'était avant qu'il fasse du mal qu'il fallait l'attraper,
 je vais demander que la brigade soit relevée de cette affaire"
Devant la porte qui s'ouvrait, Timoun s'est levée,
a regardé son père droit dans les yeux et a remonté les escaliers....
 Toujours en silence, dans sa chambre, elle a ramassé toutes les images qu'elle avait sagement gagné en cours de catéchisme
  les a posé en tas sur le pas de sa porte...
cette nuit là, Timoun a enfin dormi...
 C'était fini
 
Le lendemain matin,
elle les mit toutes soigneusement dans ses poches
et se rendit d'un pas décidé à l'église voir le Père...
d'un geste net, elle les déchira devant lui et parti sans se retourner.
 
Entre la vie et la mort, son amie avait la mort, il lui restait la vie...
 
 
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Accepter son chemin
 

qui es-tu ?

Une journée à la plage...
 
Par la fenêtre, la nature avec son manteau froid et blanc...
Dans sa tête, le soleil, les crabes,
 la mer bleue caressant  le sable doux et chaud...
 
Timoun en était sure, une fois là-bas, la nature se changerait
et mettrait son maillot...

Mais c'était une mer de béké

violente... froide ... grise... remplie de galets 

Pieds nus fuyant la colère des vagues dans le vent glacé,

 Timoun se défendait avec des cailloux...

Une pause moules-frites accompagnée de la "bonne année" du serveur .

Et une pensée qui la tracassait...

 Cette nuit, elle dormirait une année ...

Pourvu qu'elle soit douce

 

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A la fonte des neiges... 

Sortie d'école, un grand coup de frein au loin...

Un cri...

Non...

Un hurlement

Timoun avait un peu traîné pour mettre ses chaussures,

son amie, pressée, avait pris le chemin sans l'attendre...

Ce n'est pas grave Timoun... cours... tu me rattraperas

La voiture ne s'était pas arrêtée ...

Immobile sur le trottoir, Timoun regardait

l' homme qui portait l'enfant

la  femme qui pleurait

le cartable éparpillé qu'elle connaissait

Elle avait été le plus vite possible pourtant

mais ... c'était trop tard 

 

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Il n'y a pas de hasard

mais que des rendez-vous manqués

qui es-tu ?

Par respect des âmes sensibles
(et surtout vis-à-vis des différents protagonistes liés à ses souvenirs)
 Timoun ne vous a pas tout dit et ...
continuera à filtrer ses propos
 ( elle attendra que le bouchon top-secret-d'Etat saute)
 
Dans sa petite vie, bien remplie, 
 c'est difficile déjà pour certains d'entre-vous de croire
que cela fut vraie et réelle.... Alors si je rentre dans les "détails" !!!
(que les lecteurs se rassurent... je n'ai pas de séquelles)
 
Décembre , la première opération du coeur :
( je ne parle pas de celle qui s'est faîte en Afrique du Sud)
le premier Noël et la première amie
 
Ce fût des beaux souvenirs ....
 
 
Timoun avait attendu toute la nuit,
cachée sous une table,
 que le père Noël arrive...
Mais le célérat avait  profité d'un instant d'inattention
 où elle s'était endormie.... pour passer,
déposer les jouets, boire le verre de jus d'orange
 et manger le chocolat  préparé avec tout son amour  pour le remercier....
(mais surtout pour le voir)
Au réveil, Timoun était à la fois contente et déçue....  
 
Une belle poupée aussitôt baptisée "Fleur" et des patins à roulettes...
 
Il fallait les essayer donc direction la route et ....l'amitié
Dans la neige, ce n'est pas facile, je vous l'avoue...
Les quatres pattes en l'air le plus souvent,
Timoun faisait l'expérience de la dure loi de la pesanteur,
 vous savez cette force mystérieuse qui attire tout objet
vers le centre de la terre comme un aimant....
En pleine lutte avec les éléments et des ennemis invisibles,
les yeux couverts de neige,
 un petit rire inconnu...
Juste en face de Timoun, une fille de couleurs,
 on s'est tout de suite reconnue...
Elle accepta d'être mon refuge
J'acceptais d'être le sien
 
"Fleur" a fini en vrac contre un mur, comme les patins d'ailleurs...
 
 
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Affronter ses peurs
 en pensant au calme, à la douceur 

qui es-tu ?

 Une petite pièce mansardée sous le toit du troisième étage, sans lit, juste une table, une chaise et une bibliothèque... Sur le mur de gauche une fenêtre, une lucarne magique, qui me permettait de m'échapper... en pensée... car elle ne s'ouvrait pas.
J'avais bien entendu la porte d'entrée claquer et le grand chambardement qui en suivi.... Le nez collé à la vitre, j'étais entrain de danser avec les flocons de neige qui vire-voletaient selon l'humeur du vent...
"Ahhhhhhh... Tu es là !!! "
Timoun était entrain de sauter sur le plus gros des flocons quand elle fut stoppée dans son élan par une douleur vive derrière la tête qui la retenait et la tirait en arrière.
Tombée à la renverse, traînée par les cheveux, j'ai compté les 54 marches cognant  mon dos jusqu'au rez de chaussé...
"Maintenant, tu ranges tes jouets !"
Timoun savait qu'il fallait faire sans discuter, quand la porte claquait c'était signe d'orage ... quoi qu'on dise ou quoi qu'on fasse, les foudres devaient tomber ... en principe, tout le monde se mettait à l'abri pour attendre que cela se passe... mais là, j'avais été moins rapide que mes frères...
Bref... je ne leur en voulais pas car je savais que le soir, à la rentrée du père, la boucle de ceinture et le martinet ne feraient pas de différence entre nous trois...
Sauf que... ce soir là, il avait innové devant notre mutisme aux coups et notre solidarité... nous avons passé la nuit dans la cave.
Timoun n'avait pas pleuré, ses jambes la brûlaient, mais ses bras consolaient son petit frère et sa voix murmurait pour rassurer son grand frère... Une Petite comptine chantée, inlassablement, par les petits enfants lors des défilés carnavalesques de son île de douceur....
Papiyon volé
Papiyon volé
Cé volé nou ka volé.
Papiyon volé, cé volé nou ka volé.
Papiyon volé,
Cé volé nou ka volé
Papiyon volé, cé volé nou ka volé.
 

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La violence est signe de faiblesse

 

qui es-tu ?

 

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Bienvenue à ABBEVILLE,
 capitale de la Picardie maritime,
 à la porte de la baie de Somme,
 ses maisons de 3 étages en briques poussiéreuses
ses falaises et ses galets
sa vase et ses marécages

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Bonjour Monsieur....
Bonjour Madame....
Aucune réponse... même pas un regard.... pas un geste.... ni un sourire....
Ma nounoudoudou vous aurez kaloté pour cet outrage
Tristes... Que des gens tristes.... aussi raides que leurs costumes... 
un accent sec et pointu comme leurs chaussures
Des êtres froids et distants qui m'ont glacé le sang .
J'étais passée de l'île des couleurs au pays du gris...
Je me suis alors costumée en invisible...
 Timoun pointait son bout de nez que lorsqu'elle se sentait en sécurité...
Une fois la porte passée, sur le chemin de l'école,
 un glaçon roulait dans ma bouche, mon chignon se libérait, le cartable se positionnait sur ma tête, mes pieds retrouvaient le contact rugueux du béton.
 
Ce matin là, le ciel avait pris la couleur blanche,
sur le pallier Timoun n'en croyait pas ses yeux...
 une pluie de confettis, blanche et légère, doucement recouvrait la nature...
Emportée par l'ivresse de ma joie, je pris la route de l'école...
C'est à mi-parcours que le manteau et les chaussures me rattrapèrent
avec la colère de ma mère
 
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Chaque instant est précieux